Vous pouvez créer une société à Dubaï sans être résident des Émirats arabes unis. Vous pouvez même constituer certaines sociétés free zone entièrement à distance, sans demander de visa UAE. Cela ne signifie pas que vous pourrez ouvrir n'importe quel compte bancaire à distance, devenir résident fiscal émirien ou diriger votre activité depuis la France sans conséquence française.
Il faut séparer quatre statuts :
- Actionnaire : vous détenez les parts de la société UAE.
- Dirigeant : vous prenez les décisions et représentez l'entreprise.
- Résident administratif : vous détenez un visa de résidence et une Emirates ID.
- Résident fiscal : votre situation remplit les critères fiscaux d'un pays et, lorsqu'elle est demandée, ceux de la convention concernée.
Une seule personne peut cumuler ces statuts, mais ils ne s'obtiennent pas automatiquement ensemble. Acheter une licence sans visa vous rend actionnaire d'une société. Cela ne prouve ni votre résidence fiscale aux Émirats ni le transfert de la direction réelle de l'entreprise. Cette distinction est particulièrement importante si vous continuez à vivre et travailler en France ou en Belgique.
| Question | Réponse pratique en 2026 |
|---|---|
| Faut-il déjà vivre aux Émirats ? | Non |
| Peut-on détenir 100 % des parts ? | Oui pour la majorité des activités free zone et mainland |
| Peut-on créer à distance ? | Oui dans plusieurs free zones, selon le profil et les documents |
| Le visa est-il obligatoire ? | Non pour détenir la société, mais nécessaire pour résider aux UAE |
| Le compte bancaire est-il automatique ? | Non, la banque décide séparément |
| Peut-on être résident fiscal UAE sans y vivre ? | Une licence seule ne suffit pas |
| La société paie-t-elle la Corporate Tax ? | Oui, selon les règles applicables aux sociétés UAE |
| Prix publié à Dubaï sans visa | À partir de 12 500 AED chez Meydan Free Zone |
Les règles, prix publics et critères bancaires cités ont été vérifiés le 17 août 2026.
Peut-on vraiment créer une société à Dubaï sans y vivre ?
Oui. Le portail officiel de Dubaï confirme que la majorité des activités mainland permettent désormais une détention étrangère à 100 %. Les free zones ont également été conçues pour accueillir des investisseurs étrangers et proposent souvent un parcours numérique.
IFZA indique par exemple que les actionnaires et responsables n'ont pas à être physiquement aux Émirats pendant la constitution. Meydan Free Zone commercialise une licence sans résidence réalisable en ligne. Le principe est donc établi : la résidence préalable n'est pas une condition générale pour devenir associé.
Trois limites doivent toutefois être comprises dès le départ.
La création à distance dépend du dossier
Une personne physique avec un passeport lisible, une activité de conseil et un actionnariat simple obtient généralement un parcours plus direct qu'une structure détenue par une société étrangère, un trust ou plusieurs niveaux de holdings.
Les autorités peuvent demander une vérification vidéo, une signature particulière, des documents certifiés ou des informations supplémentaires. Une activité réglementée, un associé personne morale ou certains pays de documents peuvent imposer des formalités qui ne se règlent pas par un simple formulaire.
La licence ne remplace pas le droit d'immigration
Une licence sans visa autorise la société à exercer les activités mentionnées. Elle ne vous autorise pas à résider indéfiniment aux Émirats. Pour vivre à Dubaï, vous devez obtenir un titre de résidence approprié.
La banque mène son propre contrôle
La free zone peut approuver l'entreprise alors qu'une banque refuse le compte. Les deux décisions reposent sur des critères différents. L'immatriculation vérifie la société et son activité autorisée ; la banque analyse aussi les bénéficiaires, la résidence, l'origine des fonds, les pays, les clients et les transactions prévues.
Actionnaire non-résident, licence sans visa et société offshore
Ces expressions sont souvent utilisées comme si elles décrivaient le même produit. Elles correspondent pourtant à des situations différentes.
Société free zone sans visa
Vous constituez une vraie société opérationnelle dans une free zone et choisissez un package sans quota de résidence immédiat. La licence couvre des activités de services, de commerce, de média, de technologie ou d'e-commerce selon la zone.
Ce format convient souvent à un fondateur qui :
- sert des clients internationaux ;
- n'a pas besoin de vivre aux Émirats immédiatement ;
- veut lancer l'entité avant un futur déménagement ;
- emploie peu ou pas de personnel local au départ ;
- accepte les contraintes bancaires d'un profil non-résident.
Le package peut inclure une adresse partagée ou un flexi-desk. Vérifiez si cette adresse suffit pour l'activité, les courriers, la banque et la Corporate Tax. Une société commerciale avec du stock n'a pas les mêmes besoins qu'un consultant.
Société mainland détenue par un non-résident
Une LLC mainland peut être détenue à 100 % par un étranger pour la majorité des activités. Elle est enregistrée auprès du Department of Economy and Tourism de Dubaï et peut exercer directement sur le marché local, sous réserve de sa licence et des approbations sectorielles.
Le mainland devient pertinent lorsqu'il faut un local commercial à Dubaï, une activité réglementée par une autorité locale, une équipe importante, un restaurant, une agence immobilière ou une opération dont le coeur se trouve sur le marché UAE.
Le parcours peut être numérisé, mais le besoin d'un bail, d'approbations externes ou d'une signature conforme dépend du dossier. Ne choisissez pas le mainland uniquement parce qu'il semble plus crédible à la banque ; la banque évalue les opérations réelles.
Société offshore
Une société offshore UAE sert surtout à la détention d'actifs, à certaines structures internationales ou à des opérations hors des Émirats. Elle n'est pas une licence opérationnelle ordinaire permettant d'ouvrir un commerce à Dubaï, d'obtenir automatiquement des visas ou de louer n'importe quel bureau commercial.
Elle peut également demander davantage d'explications bancaires puisqu'il faut justifier le rôle de l'entité et ses flux. Si votre objectif est de vendre des services, facturer des clients et construire une activité UAE, une société free zone ou mainland est souvent plus lisible.
Notre guide société offshore détaille cette différence.
Free zone ou mainland pour un non-résident ?
Le meilleur choix dépend du marché et de l'exploitation, pas de votre passeport seul.
| Critère | Free zone | Mainland |
|---|---|---|
| Détention étrangère | 100 % dans la structure ordinaire | 100 % pour la majorité des activités |
| Constitution à distance | Fréquente pour un dossier simple | Possible selon forme et formalités |
| Adresse de départ | Flexi-desk possible selon zone | Bail ou solution autorisée selon licence |
| Marché local UAE | À organiser selon activité et mode de vente | Accès direct dans le cadre de la licence |
| Activités réglementées à Dubaï | Approbations externes possibles | Souvent plus adapté à une exploitation locale |
| Visas | Quota choisi ou ajouté selon package | Liés au dossier d'établissement et au local |
| Corporate Tax à 0 % | Seulement revenu qualifiant et conditions QFZP | Barème standard |
| Banque | Étude KYC indépendante | Étude KYC indépendante |
Une agence de conseil avec des clients en Europe peut préférer une free zone de Dubaï. Une entreprise qui installe une équipe commerciale, signe un bail et sert principalement des clients locaux peut préférer le mainland. Un importateur doit aussi examiner douane, stockage et identité de l'importateur.
Comparez les scénarios dans notre guide free zone ou mainland.
Combien coûte une société sans visa en 2026 ?
Le coût doit être comparé à périmètre égal. Une publicité peut annoncer seulement la licence, tandis qu'un autre montant comprend l'immatriculation, le flexi-desk, la carte d'établissement, le quota de visa et des services annexes.
Meydan Free Zone publie une licence de Dubaï à partir de 12 500 AED par an. La page officielle précise que ce montant comprend la licence, l'immatriculation, la demande numérique et l'accès au portail. Le visa, la visite médicale, l'Emirates ID, les services d'immigration et les améliorations de bureau ne sont pas inclus par défaut.
Des options moins chères existent hors de Dubaï. RAKEZ, dans l'émirat de Ras Al Khaimah, affiche un package de départ à 6 000 AED pour certains profils et activités. SPC Free Zone, à Sharjah, publie une licence sans visa à 6 875 AED. Ces structures sont des sociétés UAE, mais elles ne sont pas immatriculées à Dubaï. Il ne faut pas vendre une licence de Ras Al Khaimah ou Sharjah comme une licence de Dubaï.
| Poste | Sans visa immédiat | Avec résidence future |
|---|---|---|
| Licence et immatriculation | Obligatoire | Obligatoire |
| Adresse ou flexi-desk | Selon package | Selon package et quota |
| Carte d'établissement | Parfois facultative au départ | Généralement nécessaire |
| Fichier immigration | Selon autorité | Nécessaire |
| Visa investisseur | Non inclus | À ajouter |
| Visite médicale | Non | À réaliser aux UAE |
| Emirates ID | Non | À demander |
| Assurance santé | Selon situation | À prévoir selon résidence |
| Comptabilité et fiscalité | Obligations à organiser | Obligations à organiser |
Demandez toujours :
- le prix de la première année ;
- le prix de renouvellement ;
- le nombre d'activités incluses ;
- le nombre d'associés inclus ;
- la nature exacte de l'adresse ;
- les frais de modification ;
- le coût pour ajouter un visa plus tard ;
- les frais de liquidation si le projet s'arrête.
Une licence à bas prix peut coûter davantage si l'ajout ultérieur d'un quota exige un changement de package, une carte d'établissement et plusieurs frais séparés.
Quels documents préparer ?
Pour un actionnaire personne physique, le dossier comprend généralement :
- copie couleur du passeport, valable au moins six mois ;
- photo d'identité récente ;
- justificatif d'adresse dans le pays de résidence ;
- adresse électronique et numéro de téléphone ;
- informations professionnelles ou CV selon l'activité ;
- déclaration des bénéficiaires effectifs ;
- modèle économique ou business plan si demandé ;
- visa UAE et Emirates ID seulement si vous en détenez déjà.
Une société actionnaire ajoute généralement son certificat d'immatriculation, ses statuts, un certificat de good standing ou d'incumbency, une résolution autorisant la création, l'organigramme et les pièces de ses bénéficiaires effectifs. Ces documents peuvent devoir être certifiés, apostillés ou légalisés selon leur pays et l'autorité choisie.
La banque demandera souvent un second dossier plus commercial : relevés personnels ou professionnels, origine du capital, contrats, factures antérieures, site internet, prévisions, principaux pays et explication du lien avec les Émirats.
Comment créer la société à distance ?
1. Définir le scénario
Écrivez où vous vivrez pendant les douze prochains mois, où le travail sera exécuté, où les décisions seront prises, où se trouvent les clients et si vous prévoyez un déménagement. Cette page révèle immédiatement si le projet est une implantation réelle, une phase préparatoire ou seulement une adresse de facturation.
2. Choisir la juridiction
Comparez au moins une free zone de Dubaï, une option hors Dubaï si le nom de l'émirat n'est pas essentiel et le mainland si le marché local l'exige. Éliminez une option qui bloque une opération indispensable, même si son prix est inférieur.
3. Valider les activités
Listez chaque revenu : conseil, publicité, développement, formation, vente de produits, commission ou abonnement. Faites confirmer les activités correspondantes et les approbations. Une licence de conseil ne couvre pas automatiquement le commerce de marchandises.
4. Préparer les documents
Rassemblez les pièces dans le format demandé. Vérifiez les noms, numéros de passeport, adresses et pourcentages d'actionnariat avant signature. Une différence entre la demande, les statuts et le dossier bancaire provoque des questions évitables.
5. Constituer la société
Réservez le nom, signez les formulaires, réglez la facture officielle puis obtenez la licence, le certificat d'immatriculation et les statuts. Vérifiez la date d'expiration, le libellé des activités, le nom du dirigeant et les pouvoirs de signature.
6. Préparer la banque
Choisissez le compte selon les devises, les pays, les encaissements et les paiements. Préparez les preuves avant de déposer la demande. Une candidature improvisée avec un site vide et aucun contrat donne peu d'éléments à l'analyste.
7. Organiser la conformité
Créez la comptabilité, déterminez la période financière, inscrivez la société à la Corporate Tax dans le délai applicable, testez la TVA et conservez les contrats et décisions. Documentez qui dirige réellement la société et depuis quel pays.
Square Zone peut coordonner ce parcours par son service de création de société.
Faut-il venir à Dubaï ?
La constitution d'une société simple peut être terminée sans déplacement lorsque la free zone accepte l'identification et la signature à distance. Votre présence devient plus probable pour trois démarches.
Obtenir une résidence
Le parcours de résidence comprend notamment une visite médicale et, lors d'une première demande, les données biométriques nécessaires à l'Emirates ID. Ces étapes exigent une présence physique aux Émirats. L'ICP lie le permis de résidence à la demande d'Emirates ID et exige un résultat médical conforme dans les catégories concernées.
Vous pouvez donc créer la société en juin, continuer à vivre à l'étranger, puis ajouter un visa en octobre si la juridiction et le package le permettent. Il faut budgéter la carte d'établissement, le fichier immigration, le changement de statut éventuel, le médical, l'ID et l'assurance.
Satisfaire une vérification bancaire
Certaines banques ou certains dossiers nécessitent une rencontre, une vérification des originaux ou une signature en présence d'un représentant. Mashreq indique par exemple qu'un représentant rencontre le demandeur pour vérifier les documents originaux avant activation de NEO BIZ.
Finaliser une activité réglementée
Une inspection, un local, une qualification ou une approbation sectorielle peut imposer une présence opérationnelle. La promesse « 100 % à distance » ne doit jamais être appliquée à toutes les activités.
Peut-on ouvrir un compte bancaire sans résidence UAE ?
Une société UAE détenue par un non-résident peut déposer une demande bancaire. Aucune règle ne garantit cependant qu'une banque ou qu'un produit précis acceptera le profil.
Les parcours numériques les plus visibles sont souvent conçus pour les résidents. Emirates NBD exige au moins un signataire résident pour sa demande Business Banking digitale. Mashreq NEO BIZ exige également au moins un signataire, associé ou mandataire résident UAE selon son produit 2026.
Cela signifie qu'une société sans résident ne correspond pas à ces parcours particuliers. Cela ne prouve pas que tout compte bancaire UAE lui est interdit. D'autres procédures et établissements peuvent étudier le dossier avec leurs propres critères.
La banque cherchera notamment à comprendre :
- pourquoi la société est enregistrée aux Émirats ;
- où se trouvent les dirigeants et les employés ;
- quelle activité produit le chiffre d'affaires ;
- qui sont les clients et fournisseurs ;
- quels pays et devises seront utilisés ;
- quelle est l'origine du capital et du patrimoine ;
- quel volume transitera chaque mois ;
- si la structure comporte des sociétés intermédiaires ;
- quelle présence économique existe aux UAE.
Un visa peut ouvrir davantage de parcours numériques, mais il ne garantit pas l'acceptation. Acheter une résidence uniquement parce qu'un intermédiaire promet un compte revient à traiter un symptôme sans répondre au KYC.
Préparez deux ou trois options et consultez notre guide pour ouvrir un compte bancaire.
Fiscalité UAE de la société non-résidente
Le fait que l'actionnaire vive à l'étranger ne transforme pas la société UAE en société hors impôt. Une personne morale constituée aux Émirats est une personne résidente pour la Corporate Tax UAE, sous réserve des règles et conventions applicables.
Corporate Tax
Le régime standard applique 0 % sur les premiers 375 000 AED de revenu imposable, puis 9 % sur la partie supérieure. Le seuil porte sur le bénéfice fiscal, pas sur le chiffre d'affaires.
Une société free zone ne bénéficie pas automatiquement de 0 % sur tous ses revenus. Le statut de Qualifying Free Zone Person dépend notamment des activités, des clients, de la substance, des comptes audités, des prix de transfert et du seuil de minimis. Une petite société peut aussi examiner le Small Business Relief pour les périodes éligibles se terminant au plus tard le 31 décembre 2026.
La société doit généralement s'inscrire, tenir ses comptes et déposer une déclaration même si aucun impôt n'est dû. Consultez notre guide Corporate Tax.
TVA
L'inscription devient obligatoire lorsque les fournitures taxables et importations d'une entreprise résidente dépassent 375 000 AED sur douze mois ou doivent dépasser ce montant sous trente jours. Le seuil volontaire est de 187 500 AED sous conditions.
Le lieu de résidence de l'actionnaire ne change pas le taux d'une facture. Le traitement dépend du client, du service ou du bien, du lieu de fourniture et des preuves. Le guide TVA à Dubaï explique ces tests.
Economic Substance Regulations
Les anciennes obligations annuelles ESR ont été supprimées pour les exercices se terminant après le 31 décembre 2022. Le ministère des Finances l'a confirmé après la Cabinet Decision No. 98 of 2024.
Cela ne rend pas la substance inutile. Elle reste pertinente pour le régime QFZP, la banque, les prix de transfert, le certificat de résidence fiscale et l'analyse du pays depuis lequel la société est réellement dirigée. Il faut distinguer l'ancienne déclaration ESR et les preuves opérationnelles actuelles.
Vivre en France ou en Belgique avec une société à Dubaï
Une société émirienne ne remplace pas l'analyse du pays dans lequel vous vivez et travaillez. La France et la Belgique imposent toutes deux des obligations à leurs résidents sur les revenus étrangers. Le détail diffère, mais le principe pratique reste le même : l'adresse statutaire à Dubaï ne neutralise pas les faits observables en Europe.
Si vous restez résident fiscal français
Créer une société UAE ne met pas fin à votre résidence fiscale française. Si votre foyer, votre séjour principal, votre activité professionnelle principale ou le centre de vos intérêts économiques reste en France, vous pouvez rester résident fiscal français selon les faits.
Le site impots.gouv.fr rappelle qu'un résident de France est imposable sur ses revenus français et étrangers, sous réserve de la convention applicable. La convention France-Émirats contient en outre des dispositions particulières qui rendent dangereux tout slogan du type « société à Dubaï égale zéro impôt en France ».
Pour une société, le lieu où les décisions stratégiques sont réellement prises compte aussi. Le BOFiP définit le siège de direction effective comme le lieu où sont prises les décisions de gestion et de politique commerciale nécessaires aux affaires. Si vous négociez, signez, produisez et dirigez tout depuis votre domicile français, une licence UAE et une réunion annuelle à Dubaï ne suffisent pas à effacer ces faits.
Un résident français peut également avoir des obligations déclaratives sur ses revenus étrangers, ses comptes étrangers ou sa participation. Le formulaire 3916 concerne notamment les comptes ouverts, détenus, utilisés ou clos à l'étranger lorsqu'une personne domiciliée en France entre dans son champ.
Si vous restez résident fiscal belge
La logique est proche, mais les formalités ne sont pas identiques. Le SPF Finances indique qu'un résident belge doit déclarer en Belgique ses revenus mondiaux. Les rémunérations, dividendes ou avantages provenant d'une société UAE ne deviennent donc pas invisibles parce que le paiement vient de Dubaï.
La convention Belgique-UAE règle la répartition du pouvoir d'imposition selon le type de revenu. Lorsqu'une société est considérée comme résidente des deux États, elle retient le siège de direction effective pour départager la résidence. Elle définit aussi l'établissement stable, notamment par une installation fixe d'affaires, un siège de direction, une succursale ou un bureau.
Si vous négociez les contrats, dirigez l'équipe, réalisez les prestations et prenez les décisions depuis Bruxelles, Liège ou Anvers, il faut donc analyser la résidence de la société et l'existence d'une présence imposable en Belgique. Un flexi-desk à Dubaï ne répond pas seul à cette question.
Pour les comptes étrangers personnels, la Banque nationale demande aux résidents belges titulaires ou cotitulaires de les déclarer au Point de contact central au plus tard lors de la déclaration fiscale correspondante. L'existence du compte doit ensuite être mentionnée chaque année dans la déclaration belge. Une simple procuration sur le compte d'une société suit une analyse différente de la détention d'un compte personnel.
La Belgique possède aussi ses propres règles sur les sociétés étrangères, les établissements stables, les dirigeants et certains montages contrôlés. Leur application dépend de l'actionnariat, des fonctions exercées et des revenus. Un fiscaliste belge doit examiner le projet avant la constitution si l'activité reste matériellement en Belgique.
Avant la création, que vous soyez en France ou en Belgique, faites analyser :
- votre résidence fiscale personnelle ;
- le lieu de direction effective de la société ;
- l'existence éventuelle d'un établissement stable en France ;
- la rémunération, les dividendes et avantages ;
- les comptes et participations à déclarer ;
- la TVA et les cotisations liées au travail réalisé dans votre pays de travail ;
- les comptes, revenus et participations à déclarer localement.
Square Zone peut structurer la partie UAE, mais l'avis sur votre situation européenne doit être rendu par un fiscaliste français ou belge qualifié qui connaît les faits complets.
Une licence donne-t-elle la résidence fiscale UAE ?
Non. La licence prouve l'existence et l'activité autorisée de la société. Un visa prouve un droit administratif de résidence pendant sa validité. Le certificat de résidence fiscale répond à des conditions supplémentaires.
Pour une personne physique, les règles UAE prennent notamment en compte la résidence habituelle et le centre des intérêts, une présence d'au moins 183 jours sur douze mois, ou dans certains cas au moins 90 jours avec des liens UAE supplémentaires. Les jours n'ont pas besoin d'être consécutifs.
La convention fiscale concernée peut imposer sa propre lecture. La FTA demande les preuves de présence, le logement, les revenus ou autres documents selon le fondement utilisé. Une personne qui ne vit jamais aux Émirats ne doit donc pas promettre à sa banque ou à son administration étrangère qu'elle est résidente fiscale UAE sur la seule base de sa licence.
Une société peut demander son propre certificat avec licence, certificat d'immatriculation, statuts, bail, Corporate Tax TRN le cas échéant, documents du signataire et preuves de direction effective lorsque nécessaires. La FTA détaille les justificatifs. Le certificat de la société ne devient pas le certificat personnel de l'actionnaire.
Trois scénarios concrets
Vous vivez en France et servez des clients français
La société peut être constituée aux UAE, mais le risque fiscal français est central. Le travail, la direction, les clients et parfois l'établissement se trouvent en France. Le projet ne doit pas être vendu comme une expatriation fiscale. Faites valider la structure en France avant de payer la licence.
Vous vivez en Belgique et servez des clients belges
La société UAE peut exister juridiquement, mais vos revenus mondiaux restent à déclarer si vous êtes résident belge. Le lieu des décisions, du travail et de l'exploitation peut également créer une résidence ou un établissement imposable en Belgique. Faites vérifier les rémunérations, dividendes, comptes étrangers et la convention Belgique-UAE avant le lancement.
Vous voyagez et servez des clients internationaux
Une free zone sans visa peut offrir une entité opérationnelle stable. Il reste à déterminer votre résidence fiscale personnelle dans le pays où vous vivez réellement et à préparer un dossier bancaire cohérent. L'absence de résidence partout n'est pas une stratégie fiscale par défaut.
Vous préparez un déménagement à Dubaï
Vous pouvez constituer l'entreprise à distance, signer vos premiers contrats puis ajouter la résidence. Planifiez la fenêtre de présence pour le médical, l'Emirates ID et la banque. Documentez la date à laquelle la direction et l'activité se déplacent réellement.
Erreurs à éviter
- croire que « non-résident » signifie « non imposable » ;
- acheter une licence de Ras Al Khaimah présentée comme une licence de Dubaï ;
- confondre société, visa et résidence fiscale ;
- choisir une free zone uniquement pour la promesse de 0 % ;
- accepter une garantie de compte bancaire ;
- ignorer le pays depuis lequel les décisions sont prises ;
- sous-estimer le renouvellement et l'ajout futur d'un visa ;
- utiliser une activité vague qui ne couvre pas les factures ;
- créer une offshore pour une activité opérationnelle locale ;
- attendre le premier contrôle pour produire les contrats et la comptabilité.
FAQ
Peut-on créer une société à Dubaï sans visa ?
Oui. Plusieurs free zones proposent un package sans visa et acceptent un actionnaire non-résident. La société possède alors une licence, mais son propriétaire n'obtient ni résidence UAE ni Emirates ID tant qu'il n'effectue pas la procédure d'immigration.
Peut-on tout faire sans venir aux Émirats ?
La constitution d'une free zone simple peut être faite à distance. Un visa de résidence exige une présence pour le médical et les biométries. Une banque ou une activité réglementée peut aussi demander une rencontre, des originaux ou une présence opérationnelle.
Peut-on ouvrir un compte bancaire UAE sans être résident ?
Une société UAE peut déposer une demande, mais l'acceptation dépend de la banque et du profil. Plusieurs parcours digitaux connus exigent au moins un signataire résident. Un non-résident doit rechercher un parcours compatible et documenter précisément l'activité, les fonds et le lien UAE.
Une société à Dubaï change-t-elle votre résidence fiscale française ou belge ?
Non. La résidence fiscale personnelle dépend du foyer, du séjour, de l'activité et des liens économiques selon les règles du pays et de la convention. La direction de la société et son éventuel établissement en France ou en Belgique doivent aussi être analysés séparément.
Quel budget prévoir sans visa ?
À Dubaï, Meydan Free Zone publie une licence à partir de 12 500 AED sans visa inclus. Le coût final dépend des activités, associés, adresse, documents étrangers et services. Hors Dubaï, certaines zones affichent des prix plus bas, mais l'émirat d'immatriculation doit être présenté honnêtement.
Votre projet mérite un chiffrage précis.
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